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La Bachasse : Noté autrefois à la Bachesse, de Bachal, Bachat, Bachau, Bachet, Bachasson, etc... bassin en bois ou en pierre pour contenir de l'eau, du bas latin baccum, récipient. Ce lieu situé au dessus du croisement de la route du Mollard et de la route de Novalaise, possède effectivement une petite fontaine qui a été captée partiellement au début du siècle par un agriculteur du Mollard.

Le Baillet : Anciennement au Baillé, au Battiet, au Batié. La graphie Battiet pourrait faire penser à un battoir à chanvre, ou un moulin à broyer le chanvre, le lin, les écorces de sapin, que l'on trouve en patois sous la forme Batyïu, Batyu, Batiou. Il semble cependant que l'origine de ce nom soit beaucoup plus simplement le nom local du genêt, baillié, balai, comme le pensent les personnes qui habitent aux environs.

En Baisemain : Les termes de Baissement et Abaissement apparus tous deux au cours de la fin du XII° siècle, se sont appliqués initialement à l'état moral de quelqu'un puis ont été repris comme termes de topographie pour désigner un endroit où le sol s'abaisse. Ce pourrait donc être tout simplement l'endroit où le terrain s'abaisse, situation qui correspond tout à fait à ces terrains en pente en direction du ruisseau de la Planche..
Le Banchet : Déjà cité au XIV° siècle: Rupes deuz Banchets, 1308 (Mugnier, Notes historiques). Petit banc, lisière de bois ou de pré, mais aussi nom d'homme [A. Gros Dict. Ety.]. Il faut noter que l'ancienne graphie utilise le pluriel comme d'ailleurs la tradition orale : "on monte les Banchets", contrairement à la cartographie moderne qui parle de Col du Banchet. Il y passe une voie dite "romaine" et qui en présente en effet toutes les caractéristiques, pavement, rectitude etc. Quelque soit sont origine, il n'est pas douteux que cette voie de communication a été très utilisée anciennement, et les toponymes de sur la Grand Vy, le Grand Chemin, encore utilisés actuellement sont là pour en attester.
On trouve de nombreuses références au col du Banchet dans les textes anciens, notamment des demandes d'amélioration de la voirie, tels ces documents relatifs à l'entretien du passage des Banchets :
- supplique de 1758 adressée à l'intendant général du Royaume de Sardaigne, où la communauté d'Ayn réclame des travaux suite à des "avalanches" qui l'on rendu périlleux. La communauté insiste sur le caractère important de la voie pour le trafic entre la région et le bas-pays.
- réponse de l'Intendant demandant de prouver le bien fondé de la demande.
- compte rendu de la visite du chantier le 16 septembre 1759 par le syndic accompagné du conseil ainsi que de "l'honorable Michel Girerd dit Turbillon, de Dullin, maître maçon, et mineur de profession, fort entendu en réparations et visites de chemins..."

Le Bard : "Le Dictionnaire du Clergé de Genève-Annecy", mentionne cinq ou six prêtres du nom de Bard, C'est sans doute une famille Bard qui a donné son nom au village, comme le prouve la forme plurielle de ce toponyme en 1856, Les Bards (S.S.H.A., I, 99 et 122).[A. Gros Dict. Ety.]

La Baretta : Tout petit lieu-dit, certainement déformation de l'Albarettaz qui par une césure du "a", nous a donné la Baretta, puis la Barette. Cette hypothèse est corroborée par l'ancienne graphie qui est Arbarettaz, de Albarettaz, issu du latin albarus, tremble, nom donné à certaine variété de peuplier.

Au Bas : Evident, en dessous de.

Sur le Baud, Pour sur le Beu, voir les sources régionales de la Savoie page 563 chapître 11, le paysage dialectal. (Christian Abry)
Au Baudet, ou Bauvet : Etymologie difficile à établir. Il existe bien le mot Bau, Baul, Bauch utilisé entre le XIII° & le XV° siècles pour définir une poutre de bois, mais il est peu probable que ce soit là l'origine de Baud, Baudet ou Bauvet. On pourrait peut-être voir ici une résurgence d'une racine pré-indo-européenne. On retrouve la racine bar, ber, et ses variantes bal, bel, signifiant hauteur, rocher, qui ressort aussi certainement dans Montbel et Belmont. De nombreux noms de lieux dérivent probablement de cette racine, dont les plus célèbres sont Baou, Bauds, Baus, Baux. Dans le même type de racine on trouve toute la série des noms en Bel : Belledonne, Belle Côte, Belledigue, Bellegarde…Paul Louis Rousset propose un glissement de Bel vers Bo/Bœuf et note fort justement que certains sommets de plus de 3000m portent cette appellation : les Bœufs Rouges, pointe des Trois Bœufs (ancien nom de la Barre des Ecrins). Il fait même un inventaire d'une dizaine de sommet ou de cols dépassant 2500m et nommés avec Bœuf, dérivé de cette racine Bel signifiant hauteur, une étymologie ayant pour origine l'animal n'ayant dans ces cas précis aucun sens. Dans le cas qui nous intéresse l'emploi de la préposition "sur" peut nous aider à rattacher ces mots à la racine Bel : hauteur. Il faut cependant se résigner à faire des supputations avec toute la prudence nécessaire.

Au Bechaud, ou Buchaud : On peut tenter sous toute réserve de voir bes-chalm, mauvaise prairie, dans Bechaud mais aucune preuve ne permet d'être affirmatif sur cette étymologie obscure.

A Bernard :
La Bernière :
Au Bernu :
Noté autrefois au Bernard. Peut-être la propriété d'un Bernard, mais comme pour Baud, il faudrait peut-être y voir la résurgence d'une très ancienne racine BER dérivée de BEL : hauteur, rocher.

La Bérrotière, Barrotière : Peut-être à rapprocher de Béroton, Berot, chariot en patois. Berœte nom féminin en ancien français signifie charriot à deux roues, puis dès le XIII° s. brouette. Les lieux-dits barrotière, sont souvent des lieux proches d'un chemin utilisable avec un barrot, donc suffisamment importants pour justifier l'entretien en largeur et en empierrement. Il faut en effet savoir que les chemins étaient entretenus en fonction de leur usage, et la Berrotière, situé au-dessous du village du Forchet était sur le chemin qui reliait le Bard au Forchet et qui était probablement couramment utilisé.
La route actuelle entre le Franquet et le Chef Lieu n'existait pas à l'époque, elle fut aménagée au début du XX° siècle. Pour joindre le Chef-lieu actuel et le Bard, il fallait donc faire le tour jusqu'au Guillot qui représentait un trajet deux à trois fois plus long et plus pentu que le passage par le Forchet ce qui explique la fréquentation certainement assez importante de cette voie de communication et le souvenir qu'il en reste donc actuellement dans l'appellation la Bérrotière.

Au Bertet, devant Bertet : Probablement issu d'un nom d'homme. Bertet est le diminutif de Bert, et l'on trouve de nombreux lieux-dits dérivés de ce patronyme, berthet, berthier, bertier. Il y a encore des Berthet sur la commune.

Les Bertrands : "Nom d'origine germanique dont la forme primitive est Bertramnus devenu plus tard Bertrandus."[A. Gros Dict. Ety.] Il existe encore une famille Bertrand à Ayn.

Au Bettay : Bettex, Bettet, Bettaz, Bettier sont des variantes de Bottet, Bottaz, Bottières, Bettières, noms désignant des endroits boisés. Voir ci-dessous Bottay.

Bied : Bied provient probablement du vieux français bied (1135), bié (1248), puis bief (depuis 1635) qui s'apparente au bas latin bedale, béal, bial lieu ou il y a un canal, un bief. Voir ci-dessous, le chenal.

A Bionnaz : Le Chanoine Gros ainsi que Longnon, relient Beaune au Dieu gaulois Belenus divinité gauloise, dieu des sources et de la médecine, équivalent à l'Appolon des romains. La commune de Beaune, en Maurienne, s'écrivait Biauna (dans un acte de 1523, on rencontre le passage suivant : ". Michel Ruard, parrochie Biaune..") et la prononciation locale de ce nom de commune est "Biôna". Il n'est donc pas impossible que l'origine de notre Bionnaz soit la même. Le site de Bionnaz possède une fontaine au débit assez important et très régulier, dite "la Fontaine de Bionnaz" ce qui pourrait expliquer cette appellation. Belenus était en effet le dieu des sources et des fontaines, ainsi que celui de la médecine.

Aux Blachères : La blache est l'appellation locale de la laîche, (carex des botanistes). C'est une plante qui affectionne les lieux humides. Une blachère est un lieu où pousse la blache, qui produit un foin de mauvaise qualité utilisé aussi autrefois comme litière pour bêtes et encore récemment pour empailler les chaises.

A Blagenière : On rencontre au XIII° s. blaage, qui signifie récolte de blé, mot issu lui-même de blaie, blee nom féminin désignant soit un champ de blé, soit le blé lui-même, on rencontre vers 1500 blave qui conduit au mot emblaver : semer un terrain en céréale. Il semble donc assez logique de voir dans blagenière un lieu où le blé était cultivé.

Au Blanchard : Utilisé au XIII° s. comme adjectif, qui tire sur le blanc, surtout utilisé à propos des chevaux. Le Chanoine Gros fait dériver les toponymes de ce type du nom d'homme : Blanc et de ses diminutifs. Le registre de taille nous donne effectivement plusieurs Blanchard qui possède des parcelles appelées au Blanchard.

Au Blousonnier, à la Blousonnière : Le poirier sauvage (Pyrus pyraster) se dit aussi blossonier (Flore forestière française J. C. Rameau & all Institut du Développement Forestier)on trouve aussi dans le dictionnaire savoyard de Constantin & Désormaux le mot Blosson, substantif masculin, dans le sens de poire sauvage, attesté dans le patois annécien. Ce doit donc être un endroit où poussent des poires sauvages.

Au bois de Chêne : Orthographié sans "s", évident.

Le Bonnivard : Certainement nom de famille maintenant éteinte sur la commune. Le lieu appelé le Bonnivard est nommé actuellement au Guicherd.

Le Borion : Anciennement noté sur la mappe : " au Bois Riond ", " au Bois Rond ", et donc évident sous cette forme.

Le Bottet : En rapport avec bouét, bœt, buet, bois en patois savoyard. Est aussi un nom d'homme. Quelques fois écrit Bottay. Voir aussi Bettay et Boutay.

Au Boquet, au Bouquet : En latin bosc, bois qui a donné boschetum, bosquet.

A la Bottière : Semble dériver de buet, bottet, buttet, lieu boisé, voir Bottet ci-dessus.

Au Bourchon, Burchon : ?

Au Boutay, Boutey : Même étymologie que Bottet, mais il faut noter que les parcelles nommées au Boutay appartenaient pour la plupart à Benoît et Claude Boutay dits Guinet (~1729). Il n'est donc pas possible de savoir si le nom de lieu dérive du nom du propriétaire ou inversement.

A Bouvayron : Peut-être à rattacher à un nom d'homme, qui garde les bœufs, bouvier. En patois, Boveron, nom masculin, signifie bouvier mais aussi l'oiseau nommé "pique bœuf ".

Le Bouvent : D'après le Chanoine A. Gros il s'agirait d'un nom d'homme. Le même lieu dit sur la commune de Novalaise, s'écrivait Bovain au XVI° s. Serait d'origine germanique, Bovinus, dérivé de Bovo, Bovonis. A Ayn on rencontre aussi Bouvant. Mais il n'est pas impossible que l'origine de Bouvant soit à rattacher à la famille du mot Boeuf

A la Brière, à la Bruyère : De brucum XII° s., d'origine gauloise, qui a donné bru, brui, bruyère, et bruiere, nom féminin, champ de bruyère. Avant de désigner la plante le terme désignait le terrain où poussent des plantes à petite fleurs rouges violacées, puis le sens s'est étendu à la plante elle même. La bruyère pousse souvent sur un sol assez acide et pauvre, près des marais sur la tourbe.

en Buffarant, en Buffarent : Du verbe bufer, de bofer XII° s., souffler. Nous rencontrons aussi le nom féminin bofee en 1190 dans le sens de souffle de vent, à rapprocher de "bouffée", initialement avec le sens de bourrasque. On le retrouve maintenant amoindri dans l'expression une bouffée d'oxygène. Les noms de lieux en buffaz, buffa sont donc des lieux exposés au vent tels le col de la Buffaz orienté nord-sud à l'est de la Gallopaz et particulièrement venté. Cette hypothèse ne semble cependant pas confirmée par l'exposition du lieu qui est relativement abrité. Il faudrait peut être rechercher du côté des anthroponymes.

Le Buisson : Etymologie évidente s'il s'agit d'un nom de lieu où poussent des buissons, mais peut aussi être la propriété d'un homme appelé Buisson, patronyme très courant.